Sèmè-Podji : le maire Thomas Singbo et son conseil verrouillent l’ouverture de nouvelles carrières de sable

 



À Sèmè-Podji, l’exploitation mécanisée du sable vient de subir un sérieux coup d’arrêt. 


Réuni en cinquième session ordinaire, le Conseil de supervision de la commune, présidé par le maire Thomas Singbo, a rejeté en bloc sept demandes d’occupation de sites destinés à l’ouverture de carrières mécanisées de sable.


Une décision forte qui marque un changement de cap dans la gestion foncière et environnementale de la commune.


Depuis plusieurs années, Sèmè-Podji est devenue l’un des principaux foyers d’exploitation de sable au Bénin. Des opérateurs privés y multiplient les activités de dragage, souvent au grand dam des populations riveraines qui dénoncent les conséquences environnementales, l’érosion des terres et la disparition progressive des espaces agricoles.


Selon des sources concordantes, sept dossiers de demande d’installation de nouvelles carrières ont été introduits en seulement trois mois auprès de la nouvelle administration communale. 

Comme l’exigent les procédures, ces demandes ont été soumises à l’examen du Conseil de supervision, organe composé du maire, de ses adjoints et des présidents de commissions.


Mais contre toute attente, les membres du conseil ont unanimement opposé une fin de non-recevoir aux entreprises concernées.

Plus encore, l’instance communale a décidé d’aller au-delà du simple rejet des dossiers. 

Un moratoire de quatre ans sur toute nouvelle autorisation d’ouverture de carrière a été adopté sur l’ensemble du territoire communal.


À travers cette mesure, les autorités locales affichent leur volonté de freiner l’exploitation jugée anarchique des ressources naturelles et de préserver les terres agricoles encore disponibles.


Dans plusieurs localités de Sèmè-Podji, de nombreux jeunes vivent aujourd’hui du maraîchage, des cultures vivrières ou encore de la production de canne à sucre. Pour les élus communaux, laisser proliférer les carrières reviendrait à sacrifier progressivement des terres nourricières au profit d’activités à fort impact environnemental.


Ce choix politique envoie un signal fort : à Sèmè-Podji, la protection du foncier agricole semble désormais prendre le dessus sur l’expansion des carrières mécanisées.


Entre sable et terres cultivables, la commune a choisi son camp.


  Marcellin HOUNSA

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