Liberté de la presse au Bénin : la PADeM hausse le ton et interpelle le pouvoir

 


À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026, la PADeM-Bénin sort de sa réserve. Dans un message au ton ferme mais posé, son président dresse un constat préoccupant de l’état de la presse au Bénin et appelle à des réformes urgentes pour garantir un environnement médiatique libre, sécurisé et viable

Dès l’entame, le décor est planté : « Parlons vrai, parlons calme ». Une invitation à la lucidité dans un contexte où, selon le parti, informer devient de plus en plus délicat. Entre journalistes inquiétés pour leurs productions, médias suspendus ou fragilisés financièrement, et accès à l’information publique limité, le tableau décrit est loin d’être reluisant. La référence au dernier classement de Reporters sans frontières, qui positionne le Bénin à la 113e place sur 180 pays avec une chute notable, vient renforcer l’alerte

La PADeM pointe également un angle mort dans l’action publique. Malgré les ambitions affichées par le nouveau président de la République, Romuald Wadagni, la presse peine encore à trouver une place claire dans les priorités gouvernementales. Une absence de cap jugée préoccupante pour un secteur considéré comme pilier de la démocratie

Face à cette situation, le parti ne se limite pas à la critique. Il formule une série de propositions concrètes. Parmi elles, la transformation de l’aide publique aux médias en un mécanisme réel et efficace, la dynamisation du fonds d’appui au développement des médias, des allègements fiscaux adaptés aux réalités du secteur, ou encore la promotion de partenariats transparents entre institutions et organes de presse. La formation continue des journalistes est aussi présentée comme un levier essentiel pour renforcer la crédibilité et lutter contre la désinformation.



Au-delà des autorités, le message s’adresse également aux professionnels des médias. Il les exhorte à faire preuve de rigueur, d’éthique et de solidarité dans un contexte marqué par les pressions et les divisions. Refuser la facilité, résister aux compromissions et privilégier la vérification sont érigés en principes fondamentaux

Deux appels majeurs concluent cette déclaration. Le premier, à l’endroit des autorités, invite au respect des engagements internationaux du Bénin, notamment l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et à privilégier le dialogue plutôt que la sanction. Le second, adressé aux journalistes, insiste sur la responsabilité collective de défendre la liberté de la presse sans céder à la peur.

En filigrane, un message clair : sans presse libre, il ne peut y avoir ni développement solide ni paix durable. Pour la PADeM-Bénin, cette journée du 3 mai ne doit pas être une simple commémoration, mais un point de départ pour des engagements concrets. À Cotonou, le ton est donné.

          Marcellin HOUNSA 




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