Démission de Paul Hounkpè : Fin de la mission ou défaut de résultat ?

 



A peine le processus électoral achevé, Paul Hounkpe, Secrétaire exécutif national de la FCBE, figure et candidat de l’opposition a-t-on dit dans le cadre de l’élection présidentielle du 12 avril 2026 a annoncé sa démission spectaculaire et inattendue dans la soirée de ce mardi 28 avril. C’est à travers une correspondance qu’il a l’a fait savoir au premier secrétaire exécutif adjoint du parti. L’homme a donc déposé le tablier et alimente les débats. Ce retrait du candidat à la dernière élection présidentielle ressemble à la fois à une fin de mission marquée par une figuration politique sous le règne du pouvoir de la rupture et un défaut de résultat durant les six ans de gestion à la tete de l’ancien parti du président Boni Yayi. Dans sa lettre, l’ancien responsable évoque des “réflexions sur les orientations du parti” et la volonté de se retirer pour penser à la manière dont il pourrait encore être “utile au groupe et à la nation”. Une formulation feutrée, presque solennelle, qui s’oppose aux réalités du bilan laissé derrière lui.

Pour beaucoup d’observateurs et analystes de la chose politique, Paul Hounkpè aurait gagné en crédibilité en assumant une vérité plus simple. Il quitte un parti qu’il a conduit dans l’impasse et dans l’insuccès répété qui a perdu toute crédibilité de par sa complicité d’exclusion et qui ne pèse désormais presque plus rien sur l’échiquier politique national après ses forfaiture.

 Six ans de gestion, résultat catastrophiques à la tête de la FCBE




Depuis sa prise de contrôle en 2019, il est secret de polichinelle que la FCBE n’a pas cessé de reculer a chaque élection. On se souvient des conditions de son arrivée à la tête de cette formation politique. Son choix à la tête de ce parti est intervenu dans un contexte interne tendu, marqué par de profondes divisions et la mise à l’écart progressive du fondateur Boni Yayi qui crée plus parti Les Démocrates en juillet 2019. Quelques semaines après sa désignation dans les conditions obscures, sa participation au dialogue politique convoqué par le pouvoir Talon avait déjà accentué les soupçons d’une compromission avec le pouvoir, ce qui avait occasionné le départ de plusieurs responsables.

De ce point de vue, la FCBE change de cap. Le parti, jadis identifié à une opposition frontale, tourne dos à sa ligne de départ et tend vers une ligne dite « d’opposition constructive ou modérée ». Si ce parti réussit une percée relative aux communales de 2020 avec six mairies remportées, le cap n’est pas maintenu longtemps. L’ombre de Boni Yayi, restée omniprésente profiteuse, ne suffit plus à sauver une machine politique en perte d’identité et d’ancrage politique. En témoignent les résulats des élections présidentielles de 2021, législatives de 2023, puis élections générales de 2026 dans le cadre d’un accord de gouvernance avec des partis de la mouvance présidentielle. AU finish, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 4,86 % aux législatives, 6,65 % aux communales et 5,73 % à la présidentielle : un fiasco cuisant, dira t-on.

Ces résultats confirment ce que nombre d’analystes annonçaient déjà. La candidature de Paul Hounkpè à la dernière présidentielle, obtenue grâce aux parrainages acquis à l’issue de l’accord de gouvernance signé avec le BR et l’UPR, les deux principaux partis de la mouvance présidentielle, ceci pendant que Les Démocrates, principal parti de l’opposition, écarté pour défaut de parrainages, relevait d’une figuration acceptée d’avance pour valider une élection présidentielle totalement déséquilibrée, bien plus que d’une ambition crédible de conquête. Face aux géants de la mouvance, avec un parti affaibli et sans ancrage solide et miné par des années de contestation interne, la bataille semblait perdue d’avance. 

En disant « vouloir réfléchir à la manière d’être encore utile à la nation » Paul Hounkpè ouvre involontairement un débat plus large et une polémique sur sa sincèrité : comment prétendre servir davantage le pays après avoir échoué à préserver l’un des principaux héritages politiques de l’ère du Renouveau ?

Surtout que Paul Hounkpè et son clan annonçaient déjà, l’année dernière, à la veille du processus électoral, leur intention, après les élections générales de 2026, « d’être de la mouvance de demain », on s’en souvient toujours comme si c’était hier. Cette démission n’apparaît nullement comme un acte de responsabilité politique, mais plutôt comme une manœuvre orchestrée en toute malhonnêteté

Elle constituerait, selon plusieurs observateurs, une étape supplémentaire vers un rapprochement avec le nouveau pouvoir qui se dessine autour de Romuald Wadagni, dauphin du chef de l’État sortant Patrice Talon.

En somme, la démission de Paul Hounkpè de la tête de la FCBE n’est pas seulement la fin d’un mandat. Elle montre clairement qu’il en mission de figuration.

N’est-il pas temps de faire la politique sous un nouveau format ? sinon, ce théâtre qu'on présente à la nouvelle génération est nauséabond.



Jean-Paul O. ODJO

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