EDITORIAL : Le culte « ORO », une réalité africaine indestructible.
LE CULTE « ORO », UNE REALITE AFRICAINE INDESTRUCTIBLE
Au Bénin, la tradition est très prisée. Elle reste pour le peuple du Bénin et d'Afrique, le meilleur testament qu'on doit léguer à la postérité. En dehors des autres religions endogènes de la culture béninoise, le culte "ORO" est demeuré jusqu'à preuve de contraire une richesse incontestable et adulée de ses adeptes, initiés et autres fans de la tradition orale, au regard des richesses immatérielles, consommables directement et indirectement. Le bienheureux fétiche "ORO" est depuis des lustres une religion authentiquement contributrice de l'éducation de la société. Il vaut mieux créer désormais les instants de brassage culturel pour faire connaître au grand public mondial, informer et éduquer les uns et les autres sur l'histoire de la sociologie de "ORO". Particulièrement au Bénin, et surtout dans certains départements du pays, toutes les personnes de tout âge adorent ce culte ancestral qui garde encore, malgré certains agissements de la jeunesse, sa richesse. Les responsables religieux traditionnels à divers niveaux et les pouvoirs publics sont condamnés à travailler en synergie d'actions sous l'onction des hauts dignitaires pour éduquer une certaine frange de la jeunesse qui tente de galvauder ou de désacraliser notre identité culturelle à travers les déviances notées dans les pratiques traditionnelles de nos jours, protéger les forêts sacrées et recadrer les choses afin d'éviter que l'histoire ne bégaie. Je décerne un satisfécit au gouvernement du Président Patrice TALON qui s'investit dans la revalorisation de nos vestiges endogènes à travers les lourds investissements au profit de notre culture. On en veut pour preuve le « VODOUN DAYS » qui reste aujourd'hui un label à pérenniser après l'expérience de la ville de Ouidah. Et pour répondre aux défis contemporains, le Professeur Mahougnon KAKPO, Président des rites VODOUN au Bénin, reconnaîtra la nécessité de la réforme opérée par le gouvernement dans le domaine. Car, précise -t-il : « Toute activité humaine a besoin de réforme. Le Vodoun, comme les autres religions, a besoin des réformes. Nous sommes sur plusieurs chantiers de réforme au niveau du Vodoun aujourd'hui ...Tout le pays sera en fête pour le Vodoun au niveau des Vodoun Days. Toutes les obédiences religieuses seront représentées, en tout cas, la plupart des obédiences seront représentées. Et vous allez voir une belle fête ». Cette vision inclusive et fédératrice témoigne de la volonté des organisateurs de faire des " Vodoun Days" un événement emblématique et rassembleur. Je lance ici un appel à nos chercheurs socio-anthropologues, historiens et à nos gardiens de la tradition pour renseigner et enseigner à nous autres profanes, la bienséance cultuelle. Ce n'est que par ces voies que nous pouvons redonner au Bénin et à l'Afrique leur vraie identité.
Pour asseoir les bases d'un vrai développement durable, nous devons créer une corrélation ou entretenir un rapport de complémentarité entre la tradition et la modernité. La modernité, oui ! Mais elle ne doit, ni nous abêtir, ni nous avilir au point de dénaturer ce que nous avons de cher, spirituellement. Nous devons aller à la source, afin de remodeler notre être profond. Loin d'être une pratique diabolique, le fétiche «ORO» apporte les vibrations positives pour purifier davantage nos cadres de vie. C'est pourquoi les dignitaires, pendant la période se des festivités du culte « ORO », beaucoup de sacrifices sont faits pour implorer la clémence et la bénédiction des divinités, afin de conjurer les mauvais sorts et les maladies endémiques. Il urge de sauvegarder ce que nous avons de culturel et de cultuel au Bénin. Aucun bon averti de la tradition ne peut remettre en cause ou pointer du doigt accusateur les richesses tirées pendant les manifestations annuelles du culte "ORO". Il faut redonner vie, comme par le passé, au culte "ORO" dans son immensité authentique et impériale. Car nous en tirons d'énormes richesses immatérielles pour notre développement. C'est là mon opinion.
Pierre-Claver ADJAGNON
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